Introduction : pourquoi prendre soin du bâti ancien ?
Cloé Simon développe une approche où performance énergétique, respect du patrimoine et qualité architecturale avancent ensemble. À travers son expérience, elle démontre que le bâti ancien constitue non seulement un formidable terrain pour la rénovation performante, mais aussi une opportunité écologique, culturelle et esthétique.
Casser les idées reçues sur le Passif
On entend souvent de nombreux a priori sur le Passif : « un bâtiment passif ne respire pas », « on ne peut pas ouvrir les fenêtres », « ça surchauffe l’été », etc. Autant de mythes que l’architecte démonte clairement :
Pourquoi rénover plutôt que reconstruire ?
Cloé rappelle que la rénovation est, par essence, écologique :
→ Pour toutes ces raisons, la rénovation performante est un choix logique et durable.
Zoom : le label EnerPHit
Il reprend les exigences du standard Passivhaus, avec deux assouplissements :
Atouts structurels
Selon Cloé, notre patrimoine bâti fait se distingue par le bon sens de nos anciens, si bien que les vieilles bâtisses possèdent souvent de bonnes bases pour réaliser une rénovation performante voire labellisable EnerPHit :
En + : des travaux de rénovations (impliquant de conserver tout ou partie du bâtiment) peuvent donner droit à une TVA réduite (10 % ou 5,5 % selon les cas).
→ Tout cela en fait d’excellents candidats au passif.
Défis courants de la rénovation performante
Malgré de tels atouts, les bâtiments anciens peuvent également s’accompagner de défis spécifiques à surmonter, notamment dans le cas d’un projet ambitieux de rénovation énergétique :
Néanmoins, des solutions, bien souvent apportées par l’architecte, existent : jeux de volumes, doubles hauteurs, percées ponctuelles…
Défis spécifiques pierre / terre / bois
En plus de ces défis communs à la plupart des vieilles bâtisses, l’architecte Cloé Simon identifie des points de vigilance spécifiques aux bâtiments existants construits en pierre, terre et bois :
Zoom technique : condensation en ITI sur mur épais
Attention : mettre beaucoup d’isolant en ITI peut créer un risque de condensation dans l’isolant :il faut donc ajuster l’épaisseur pour conserver un bon équilibre entre performance et hygrothermie.
→ Pas de solution universelle : c’est du cas par cas, selon le mur, le climat, l’usage, etc.
Les matériaux biosourcés : de vrais alliés
Pour Cloé, l’intérêt de ces matériaux dépasses les considérations écologiques. Et pour cause, ils sont perspirants : c’est-à-dire qu’ils laissent naturellement la vapeur d’eau intérieure migrer vers l’extérieur.
En plus de ces qualités, l’architecte est revenue sur quelques caractéristiques spécifiques bienvenues de certains matériaux biosourcés :
Selon, l’une des premières questions à se poser dans le cadre de la rénovation d’un bâtiment ancien est la suivante : isolation par l’intérieur (ITI) ou isolation par l’extérieur (ITE) ?
Chaque option implique de révéler ou de cacher différentes couches du bâtiment.
On procède à ce choix notamment en identifiant :
Études de cas
Afin de nous aider à comprendre les enjeux de ces deux modes d’isolation, Cloé Simon est revenue sur deux exemples de projets correspondants.
Cas 1 – Une rénovation avec ITE en Ille-et-Vilaine
La maison, prise en limite de parcelle sur deux côtés, n’aurait permis de révéler la pierre que sur deux façades seulement. Le choix a donc été fait de mettre en valeur la pierre à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur.
Avant travaux, le constat était assez lourd :
Pourtant, le bâtiment présentait des atouts précieux :
L’intervention :
Cas 2 – Une rénovation avec ITI dans la Manche (label EnerPHit atteint)
La maison, une grande longère en pierre et terre, est implantée plein sud et bénéficie d’un volume longitudinal caractéristique. Le choix architectural a été de préserver l’expression traditionnelle du bâtiment en conservant les façades extérieures en pierres apparentes. Cette volonté impose naturellement une isolation par l’intérieur, tout en engageant un important travail sur la structure et l’agencement.
Avant travaux, le constat révélait plusieurs limites :
Pourtant, la longère disposait d’atouts précieux :
L’intervention (travaux en cours)
Combien coûte un projet de rénovation à haute performance énergétique ?
Il n’existe pas de réponse unique, le budget dépend de nombreux paramètres : la région, la complexité du bâti, l’état de l’existant, les ambitions du maître d’ouvrage, ou encore la nature des interventions nécessaires. En Normandie, Cloé observe toutefois un ordre de grandeur récurrent autour de 3 500 € HT/m², un niveau comparable à celui d’une construction neuve performante. À noter que les éventuels surcoûts propres à la rénovation sont en partie compensés : la structure et certains réseaux peuvent être réemployés, et les performances obtenues permettent de réaliser des économies de chauffage significatives sur la durée.
Est-il possible de mixer ITI et ITE ?
Techniquement, la combinaison d’une isolation par l’intérieur et d’une isolation par l’extérieur est envisageable. Toutefois, elle complexifie fortement le projet : les jonctions deviennent plus délicates à traiter, le nombre de ponts thermiques augmente et les coûts s’élèvent en conséquence.
Quels conseils lorsque le projet se situe en secteur ABF ?
Il est essentiel de considérer l’Architecte des Bâtiments de France non comme un frein, mais comme un partenaire partageant un objectif commun : préserver la qualité et l’esprit du patrimoine bâti. Le dialogue est d’autant plus fluide que l’on tient compte de la logique de l’ABF, c’est-à-dire l’attention portée aux lignes, matériaux, rythmes, proportions et cohérence d’ensemble. L’appui d’un architecte habitué à travailler sur ces secteurs constitue un véritable atout pour construire un projet harmonieux et accepté.
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Le label "BaSE", Bâtiment sobre en énergie
Construire passif, la garantie d'un bâti de qualité.
Concevoir et construire un bâtiment passif est un objectif ambitieux. Voilà pourquoi la certification Bâtiment Passif a évolué pour inclure le label BaSE (Bâtiment Sobre en Énergie).
Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables
Ce label a été pensé pour récompenser les efforts de toutes les équipes ayant collaboré au projet et pour saluer la performance énergétique du bâtiment certifié.
Il reprend les bases de la certification passive, mais assouplie :
Le label "bâtiment passif premium"
La première maison passive Premium de France © Jean-Louis Bidart
À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.
Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables
La catégorie « Bâtiment Passif Premium» est la plus exigeante de toutes : elle récompense les bâtiments générant au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.
Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :
Le label "bâtiment passif plus"
La première maison passive Plus de France
À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.
Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables
Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.
Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :