Face aux défis majeurs de préservation de l’environnement et des ressources, les réglementations se multiplient. Heureusement, des solutions existent : le Passif pour l’énergie, le biosourcé pour le stockage de carbone, et la préfabrication pour optimiser les processus de construction.
Laurent Riscala, fondateur d’EcoXia en 2011, partage 20 ans de réflexion sur ces sujets. Le Passif est au cœur de la stratégie de son entreprise depuis ses débuts. Grâce à des premiers clients militants et à l’évolution de la réglementation, notamment avec la RE2020, l’entreprise a pu se développer.
Problématique centrale : Dans quelle mesure la préfabrication peut-elle faciliter la conception passive ?
Les exigences théoriques
En théorie, un bâtiment passif doit respecter des seuils limites concernant :
Les implications pratiques
Aussi la réussite d’un projet passif repose-t-elle sur trois piliers :
Le principe fondamental
La préfabrication consiste à réaliser hors site des éléments destinés à l’ouvrage. L’objectif est de transférer la valeur ajoutée du chantier de l’aval vers l’amont, en intensifiant le travail en amont pour le réduire en aval. On passe idéalement d’une répartition 50/50 à 75/25.
Cette approche concerne tous les matériaux et tous les produits qui peuvent en dériver.
Contexte historique
La préfabrication n’est pas un phénomène nouveau. C’est une industrie qui remonte à la fin de la seconde guerre mondiale, née aux États-Unis.
Les trois niveaux de préfabrication
La préfabrication se décline en trois niveaux selon le degré de valeur ajoutée hors site :
1D – Le « precut »
2D – Le « panelised »
Panneaux ou caissons intégrant un ou plusieurs corps d’état :
3D – La construction modulaire
Les avantages théoriques
Gain de temps
Amélioration de la qualité
Autres bénéfices
Les contraintes spécifiques
Conception très poussée Une fois les éléments préfabriqués sur le chantier, il est trop tard pour adapter. La conception doit être irréprochable.
Dimension logistique Les éléments sont plus encombrants, plus lourds, voire plus fragiles. La logistique est fondamentale et fait partie intégrante de la conception.
Planning rigoureux Les retards sont moins tolérés. Si un élément manque (une fenêtre par exemple), cela peut avoir un effet domino sur l’ensemble du projet.
Importance de la pose C’est un métier spécifique. Il faut des poseurs de qualité : ils feront le succès ou l’échec de l’opération.
Analyse par niveau de préfabrication
Le 1D : N’apporte pas grand-chose de plus au Passif. Il s’agit simplement de composants passifs (comme une menuiserie Passivhaus) à intégrer sur le chantier de manière classique.
Le 2D : La préfabrication permet d’aller beaucoup plus loin. Le Passif favorise également une forte préparation en amont.
⚠️ Recommandation essentielle : Ne jamais faire un projet passif sans impliquer le préfabricateur dès la phase de conception.
En 2D complexe, on crée un macrolot atypique regroupant dans une même entreprise des lots habituellement séparés :
Le 3D : Très efficace mais pose la question cruciale des jonctions pour l’étanchéité à l’air.
Maison Vermont – Bureaux d’EcoXia
Maison individuelle à Avray (2017)
Objectif : certification passive
Caractéristiques
Déroulement
Enseignements
Lotissement certifié dans le 91
Centre de loisirs dans le nord du 77
Caractéristiques
Résultat
Maison individuelle à Villiers-sur-Marne
Contexte
Contraintes d’accès
Résultat Test d’étanchéité très convaincant
Petit immeuble d’habitation à Clamart
Caractéristiques
Spécificités
Réponse : OUI
La préfabrication permet de simplifier la construction passive, notamment sur l’étanchéité à l’air. Même si parfois des corrections sur site restent nécessaires.
Conditions de réussite
Créer un macrolot intégrant les éléments clés du passif :
Possibilité d’intégrer aussi :
Points de vigilance
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Le label "BaSE", Bâtiment sobre en énergie
Construire passif, la garantie d'un bâti de qualité.
Concevoir et construire un bâtiment passif est un objectif ambitieux. Voilà pourquoi la certification Bâtiment Passif a évolué pour inclure le label BaSE (Bâtiment Sobre en Énergie).
Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables
Ce label a été pensé pour récompenser les efforts de toutes les équipes ayant collaboré au projet et pour saluer la performance énergétique du bâtiment certifié.
Il reprend les bases de la certification passive, mais assouplie :
Le label "bâtiment passif premium"
La première maison passive Premium de France © Jean-Louis Bidart
À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.
Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables
La catégorie « Bâtiment Passif Premium» est la plus exigeante de toutes : elle récompense les bâtiments générant au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.
Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :
Le label "bâtiment passif plus"
La première maison passive Plus de France
À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.
Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables
Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.
Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :