Darmstadt, 25 ans après : toujours vaillant ?

La 20e Conférence internationale du Passif ne s’est pas tenue à Darmstadt sans raison. Elle marquait les 25 ans de la création du standard passif et de la construction du bâtiment emblématique de Darmstadt-Kranichstein.
Mais 25 ans plus tard, ce bâtiment est-il toujours aussi vaillant qu’à ses débuts ?

Le premier bâtiment passif au monde
Le premier bâtiment passif au monde : Darmstadt-Kranichstein

Un long travail de maturation

Adamson Feist
Bo Adamson (à gauche) et Wolfgang Feist, en 1998

Construit entre 1990 et 1991 à Darmstadt, le premier bâtiment passif est le fruit d’un travail commencé des années plus tôt.
C’est au milieu des années 80 que les recherches du professeur Bo Adamson, spécialiste de la construction pour l’université de Lund, en Suède, ont commencé à connaître leur petit succès.
Guidées par les pré-requis à la construction en vigueur dans les pays scandinaves (isolation renforcée, éradication des ponts thermiques, ventilation contrôlée, vitrage isolé et étanchéité à l’air), ces recherches prouvent qu’un autre type d’habitat, peu énergivore, est possible.
Ces recherches inspirent un certain Wolfgang Feist, à l’époque chercheur pour l’Institut du Logement et de l’Environnement de Darmstadt. Ce dernier étudie la recherche et le développement de maisons à basse énergie en Allemagne.
Après plusieurs séjours à l’université de Lund, les travaux de Bo Adamson et Wolfgang Feist connaissent leur apogée en mai 1988 avec la création du concept de Bâtiment Passif.

Un prototype choyé

Pour concrétiser leurs recherches, les deux scientifiques recherchent une région pouvant les soutenir dans leur projet.
C’est le Land de Hesse qui accueille leur projet, sous l’impulsion du ministre des finances d’alors, très intéressé par la construction passive.
8 thématiques de la construction peu énergivores sont passées en revue et affinées par un travail de recherche mené conjointement par Adamson, Feist et un groupe de recherche scientifique issu du ministère de l’Économie et de la Technologie du Land de Hesse :

  • des plans architecturaux alternatifs ont été produits
  • l’unité de ventilation à récupération de chaleur a été améliorée
  • le contrôle de la ventilation a été développé sur la base des normes de la qualité de l’air existantes
  • des vitrages et châssis sur-isolés ont été spécifiquement mis au point
  • des composants atténuant les ponts thermiques ont été dessinés et produits
  • des technologies de chauffage solaire et de récupération de chaleur sur les eaux usées ont été développées

La ville de Darmstadt manifeste son enthousiasme à l’idée d’héberger une construction atypique et pionnière sur le plan de l’économie d’énergie, c’est donc sur son territoire que le bâtiment sera érigé.
Quatre particuliers s’unissent pour former la “Passive House Developers Society” et mandater les architectes Bott, Rider et Westermeyer pour concevoir un lot de 4 maisons en bande, chacune ayant 156 m² de surface.

Coupe Darmstadt
Vue en coupe du bâtiment de Darmstadt

La construction débute en fin d’année 1990 et s’achève en 1991.
L’objectif d’une consommation minimale de 15 kWh/m² et par an n’est atteint que grâce aux travaux préalables menés pour affiner les détails existants et développer les technologies nécessaires.
Le projet a un surcoût d’environ 50% par rapport à une construction traditionnelle des années 90. En effet, les composants sont à l’époque faits à la main et spécifiquement pour le projet, et donc très coûteux.
Durant la phase finale des travaux en 91, le bâtiment est équipé de capteurs pour mesurer les consommations et s’assurer de la durabilité du projet.

Rien n’a changé, tout a continué

Les habitants prennent possession des lieux en octobre 1991. Depuis lors, rien n’a changé… ou presque !
Le premier composant a été remplacé en 2004, il s’agissait des filtres des ventilations (les unités sont toujours en marche depuis leur installations en 1991).
Pour les dix ans du bâtiment, en octobre 2001, Feist et son équipe décident de faire un nouveau test d’infiltrométrie pour vérifier l’étanchéité du bâtiment dans le temps. Le résultat est le même qu’à la livraison en 1991 : 0,3 !
Lors de la 20e Conférence internationale du Passif, Wolfgang Feist a témoigné, à propos de son habitation depuis 25 ans : “Les composants passifs de ce bâtiment ont prouvé être quasiment indestructibles !

Après 25 ans d’instrumentation, les consommations sont restées stables et dans les prévisions de 1990.
Lors de la conception, l’expérience n’avait pas montré qu’il était possible de se passer de chauffage dans les bâtiments passifs, le bâtiment est donc doté de radiateurs ! Leur utilisation est moindre, comme en témoigne le besoin de chauffage qui est de 9 kWh/m² et par an, soit un dixième de la consommation d’un bâtiment traditionnel en Allemagne.

Prochaine étape pour ce bâtiment emblématique : passer dans la catégorie “Bâtiment Passif Plus”, avec l’ajout de panneaux solaires sur le toit ! Cette étape a été réalisée avec succès fin 2016, à retrouver en détail en cliquant ici.

Retrouvez plus d’informations sur le bâtiment de Darmstadt en cliquant ici.

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  • Les autres critères restent identiques.

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Le label "bâtiment passif plus"

La première maison passive Plus de France

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.