Étanchéité à l’air en passif : le point sur le calcul et les normes

Les retours d’expériences des 20 dernières années ont démontré qu’une bonne étanchéité à l’air est le moyen le moins coûteux d’obtenir des bâtiments performants. Mais celle-ci doit être précisément conçue et réalisée, sous peine de réduire à néant les espoirs de baisse des consommations.

Comment mesurer et exprimer l’étanchéité à l’air en passif ? Quelle norme utiliser et pourquoi ?
Nous avons interrogé Étienne Vekemans, gérant de La Maison Passive Service, avec qui nous revenons en détail sur ce pilier du passif.

Comment exprimer l’étanchéité à l’air dans un projet de construction ?

Ce paramètre est en effet très important en construction pour contrôler une enveloppe de bâtiment. La perméabilité à l’air d’un bâtiment est caractérisée dans la réglementation thermique par un coefficient de perméabilité à l’air appelé Q4 surf. Ce dernier représente le débit de fuite par m² de surface déperditive ; hors plancher bas ; sous une dépression de 4 Pascals (Pa), et s’exprime en m3/(h.m²).

Dans le cadre de la RT 2012, il est donc possible de justifier la performance de l’étanchéité à l’air, mais le mode calcul est différent du passif et ne s’appuie pas sur l’indicateur n50. Les seuils réglementaires sont définis ainsi :

  • Q4 surf <0,6 m3/(h.m²) pour les maisons individuelles
  • Q4 surf <1 m3/(h.m²) pour les logements collectifs

Pour le secteur tertiaire, aucune exigence de résultat n’est imposée en RT2012. Une valeur par défaut est prise en compte dans le calcul thermique. Une autre valeur peut également être prise en compte dans le calcul, auquel cas une justification du niveau atteint doit être apportée en fin de travaux.

En passif, on peut donc exprimer la performance de l’étanchéité d’un bâtiment en surface, appelée surface de fuite équivalente avec l’indicateur n50. C’est l’indicateur de référence d’une construction passive au même titre que le besoin d’énergie primaire et le besoin de chauffage.
Ici le niveau de performance doit être inférieur à 0,6/heure sous 50 Pa de pression. En France, la moyenne des bâtiments labellisés passifs est de 0,37/heure sous 50 Pa.

Quelle norme utiliser pour mesurer l’étanchéité à l’air en passif ?

En passif l’objectif est vérifié à chaque étape. Le résultat de n50 < 0,6/h sous 50 Pa est mesuré selon la très exigeante norme européenne EN13829 en ce qui concerne l’étanchéité à l’air des bâtiments. En revanche, pour les bâtiments dont le volume d’air est Vn50 ≥ 4 000 m³, l’indicateur n50 à lui seul n’est plus significatif du fait du ratio surface/volume très favorable. Il est alors nécessaire de calculer la surface d’enveloppe, toujours suivant selon la norme EN 13829 et d’obtenir une valeur q50<0,6.

Attention à ne pas la confondre avec la valeur Q4 surf qui est la référence pour le standard « BBC », elle aussi limitée à 0,6 m³/(h.m²), mais réalisée sous une pression environ 10 fois plus faible (4 Pa) et donc moins qualitative et précise.

Pourquoi avoir choisi une valeur si ambitieuse pour l’étanchéité à l’air dans le cadre du passif dès 2001 ?

Src. Aerex Haustechniksysteme

Parce que c’est la seule à faire fonctionner efficacement la ventilation double flux à récupérateur de chaleur, au cœur du principe de récupération de chaleur. Elle est aussi synonyme de faibles consommations et surtout d’une qualité de l’air intérieure garantie.

En 1996, le projet ISO9972 avait été rejeté pour favoriser la EN13829 : 2001. En 2010, il a été relancé au détriment de la norme européenne. Depuis 2015 en France, la norme ISO9972 traduite en norme française « NF » a donc valeur. Néanmoins la norme EN13829 existe toujours et a montré toute sa pertinence pour évaluer la qualité de l’enveloppe étanche à l’air. Alors pourquoi en changer ?
Le concept passif veille à s’éloigner des “effets de mode” et continue à marquer son attachement à la EN13829 malgré l’existence de l’ISO9972.

Pourquoi la norme ISO9972 ne correspondrait pas tout à fait au passif ?

En fait pour pas grand-chose. La norme ISO9972 ne définit pas le volume ventilé Vn50. Si l’on a donc en sa possession un rapport de test réalisé selon ISO9972, il faudra lui adjoindre un calcul du volume d’air Vn50 selon EN13829 pour pouvoir en extraire la valeur n50 (PHI / Septembre 2016). Les débits de fuite étant fournis de manière équivalente par les deux normes.

Comment bien vérifier que la valeur N50 calculée par le logiciel est correcte ?

La valeur n50 est le taux de renouvellement d’air pour une différence de pression de 50 Pa. Le n50 détermine le temps nécessaire en heure pour renouveler entièrement le volume d’air d’un bâtiment.

Plus le taux est bas et plus la maison est étanche à l’air. Certains logiciels ne calculent pas correctement cette valeur.Il est possible de s’en rendre compte rapidement en divisant le débit de fuite (celui que le ventilateur du test de la porte doit compenser) par la valeur du volume d’air mis en mouvement par ce même ventilateur Vn50.

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  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 1 par heure (contre 0,6 en Bâtiment Passif)
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Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.