Pour ce nouvel épisode de notre websérie « À la rencontre du passif », nous vous emmenons à Saverne, dans le Bas-Rhin, à la découverte de la maison passive de Camille et Jacques.
Construite en 2025 pour un coût d’environ 2 000 € du m², cette maison a de quoi surprendre. Leur secret ? Une conception très optimisée, des choix techniques pertinents et beaucoup de DIY. Diplômée en architecture et formatrice spécialisée dans la construction passive, Camille nous partage son retour d’expérience, ses choix de conception et les astuces qui ont permis de maîtriser le budget sans compromis sur la performance énergétique.
Comment ont-ils réussi à concilier exigence du standard passif, ambition architecturale et budget serré ? On vous laisse découvrir leur projet.
Une maison passive optimisée dès la conception
La réussite d’un projet de construction passive repose avant tout sur la conception. À Saverne, cette maison a été pensée pour maximiser la performance énergétique tout en maîtrisant les coûts.
La structure repose sur des murs à ossature bois préfabriqués, intégrant cellulose insufflée et fibre de bois pour une isolation performante et durable. Cette préfabrication a permis de monter l’enveloppe du bâtiment en seulement quelques jours tout en garantissant une grande précision d’exécution, essentielle pour atteindre les performances du bâtiment passif.
L’ensemble des couches du mur – enduits perspirants, isolants biosourcés et étanchéité à l’air – participe à créer une enveloppe très performante et confortable en toutes saisons.
Des choix techniques simples et efficaces
Pour limiter les coûts tout en conservant un haut niveau de performance énergétique, plusieurs choix stratégiques ont été faits.
La maison est équipée d’une VMC double flux, élément central du confort et de la qualité de l’air dans une maison passive. Celle-ci a été installée par les propriétaires eux-mêmes avec l’accompagnement du fabricant.
Côté menuiseries, certaines fenêtres sont fixes plutôt qu’ouvrantes, ce qui permet de réduire le coût du triple vitrage tout en conservant d’excellentes performances thermiques. Les apports solaires ont également été soigneusement étudiés afin de profiter au maximum de la chaleur gratuite du soleil en hiver.
Ces optimisations permettent de maintenir un niveau de performance élevé tout en restant dans un budget raisonnable pour une maison passive neuve.
« On a installé la VMC double flux nous-mêmes, avec les conseils du fabricant et ce qu’on apprend dans les cours sur le passif. »
Une maison très économe à l’usage
Grâce à cette conception et à la qualité de l’enveloppe, la maison affiche une consommation énergétique très faible.
Pour une surface d’environ 120 m² occupée par deux personnes en télétravail, les dépenses d’électricité – chauffage, eau chaude sanitaire et usages domestiques – s’élèvent à environ 57 € par mois en moyenne.
Le projet intègre également un récupérateur de chaleur sur les eaux grises de la douche, qui permet de préchauffer l’eau froide avant son passage dans le chauffe-eau et de réduire encore les besoins en énergie.
« Pour 120 m² et deux personnes en télétravail, notre facture d’électricité tourne autour de 57 € par mois pour toute la maison. »
Maîtriser le coût d’une maison passive
Au total, la maison atteint un coût d’environ 2000 €/m² (hors terrain, cuisine et mobilier). Un budget rendu possible grâce à plusieurs leviers :
une conception optimisée dès le départ
une part importante d’autoconstruction sur le second œuvre
des choix techniques simples et efficaces
Ce projet montre qu’une maison passive accessible financièrement est possible lorsque la conception, les choix techniques et l’organisation du chantier sont bien pensés.
Envie d’aller plus loin dans le bâtiment passif ?
Pour poursuivre la découverte, visionnez l’épisode dans son intégralité et (re)découvrez également notre dernier numéro de Passimag’, dans lequel nous explorons les enjeux et les réalisations du bâtiment passif.
Si vous souhaitez aller plus loin et maîtriser les principes de conception d’un bâtiment passif, découvrez la formation CEPH. Elle permet d’acquérir les bases essentielles de la conception passive, de comprendre les calculs et d’optimiser un projet pour atteindre le standard passif.
Pour toute question, vous pouvez également nous contacter à info@lamaisonpassive.fr.
FICHE TECHNIQUE
livraison 2023 – localisation Ottersthal, Bas-Rhin- label Bâtiment Passif Classique – surface de référence énergétique 122 m² – coût des travaux < 2 000 €/m² – besoins de chauffage 11 kWh/(m²a) – puissance de chauffe 10 W/m² – fréquence de surchauffe NC – test d’infiltrométrie n50 = 0,32/h – consommation d’énergie primaire 75 kWh/(m²a) – consommation d’énergie primaire renouvelable 35 kWh/(m²a) – production d’énergie renouvelable 20 kWh/(m²a) – rendement VMC double-flux 89 % – châssis triple vitrage Uw = 0.8 W/(m²K) – murs extérieurs enduit (15 mm), Fermacell (13 mm), Biofib Trio (100 mm), OSB (15 mm), cellulose soufflée (240 mm), Pavatex Isolair (60 mm), enduit perméable à la vapeur. U = 0,111 W/(m²K) – dalle chape (50 mm), XPS (30 + 60 mm), dalle de séparation (50 mm), Isoleader 18 EPS + poutres béton. U = 0,116 W/(m²K) – toiture partie inclinée plaque de plâtre (13 mm), Biofib trio (100 m), membrane, laine minérale (280 mm), pare-pluie, lattes, contre-lattes et tuiles. U = 0,11 W/(m²K) – toiture plafond de combles OSB (22 mm), cellulose (500 mm). U = 0,081 W/(m²K)


