Ouvrir les fenêtres en maison passive, c’est possible !

C’est l’été et il fait chaud ! L’occasion de revenir sur une des idées reçues les plus coriaces sur le bâtiment passif : on ne pourrait pas y ouvrir les fenêtres…

Tout comme dans une maison traditionnelle, il est possible d’ouvrir les fenêtres en maison passive. Pourquoi peut-on les ouvrir, à quelle période le faire ?  Nous revenons sur cet outil de confort et son utilisation spécifique.

Se sentir bien chez soi

La maison passive est conçue pour offrir un confort accru grâce à une bonne qualité de l’air constamment renouvelé et une température constante de 19 à 20 °. Cette impression de bien-être est prolongée par l’utilisation simplifiée de la maison.  C’est dans cette optique que l’utilisation des fenêtres doit répondre aux habitudes et à la demande de l’habitant qui en ressent le besoin. L’objectif final est de se sentir bien chez soi. Précédemment interrogé sur le projet de la Fleuriaye, Hugues Delplanque aménageur à la SELA, nous exposait son point de vue d’aménageur :

Il ne faut pas stigmatiser le passif. Le plus important pour nous est de construire pour mettre à l’aise et non pour restreindre. Le passif propose un mieux vivre évident, une évolution du bâtiment non pour être complexifié par des aspects techniques. Il faut pouvoir vivre comme bon vous semble.

On peut retenir une règle : ouvrez vos fenêtres, c’est votre maison, votre choix.

Incidence sur le chauffage ?

Dans le détails, l’ouverture des fenêtres peut se faire quotidiennement et à toutes saisons. Une étude a été menée pour déterminer la corrélation entre le besoin de chauffage et l’ouverture des fenêtres.
Ce qui ressort : La perte thermique engendrée par l’ouverture des fenêtres est dans la majorité des cas négligeable et jamais suffisamment importante pour que la fonction maison passive soit remise en question.

La consommation deviendra un peu plus importante mais demeure cependant toujours très faible, en comparaison des consommations enregistrées dans les maisons traditionnelles.

Cela pose la question du moment le plus favorable pour ouvrir ses fenêtres. Notamment en été : il est clair qu’ouvrir ses fenêtres la journée aurait pour effet de réchauffer le bâtiment. En revanche la nuit, cela permet de faire pénétrer un air plus frais.

Pour quoi faire ?

L’usage traditionnel des fenêtres dans un bâtiment traditionnel, est pour renouveler l’air ou ajuster la température intérieure. En maison passive, l’ouverture se fait seulement pour créer un lien avec l’extérieur (entendre les oiseaux !) et accessoirement amener un apport de fraîcheur en saison chaude.

Un autre aspect et non des moindres reste l’entretien et le nettoyage des fenêtres. Ce nettoyage des fenêtres est généralement beaucoup plus difficile sur des fenêtres fixes que sur des fenêtres ouvertes. En France et plus généralement en Europe, la plupart des fenêtres sont inclinées et tournantes, ce qui permet à l’utilisateur de les faire pivoter comme une porte et de nettoyer facilement le volet de la fenêtre extérieure. Si un bâtiment est principalement équipé de fenêtres d’ouverture intérieure, il peut aider à rendre plus facile à entretenir et peut aider à réduire les coûts de fonctionnement.

Enfin, une fenêtre ouvrante pourrait vous sauver la vie, car elle offre un chemin d’évacuation facile en cas d’incendie ou autre urgence.

L’usage des fenêtres évolue mais le facteur humain domine sur le facteur sanitaire auparavant indispensable en bâtiment traditionnel.

Et vous dans votre maison, vous faites comment ?

Nous avons la chance d’avoir de multiples retours d’expériences et ce, sur de nombreuses années, d’habitants en maison passive. Comment considèrent-ils ce principe d’ouverture, à quel moment le pratique-t-il ? Ils témoignent :

Chantal Grosjean, occupante de maison passive dans la somme (80) : “En ce qui concerne l’ouverture de nos fenêtres, nous ne les ouvrons que la nuit en temps de fortes chaleurs, en éteignant la double flux. (5 fois environ depuis cet été) . C’est le seul moyen de rafraîchir une maison passive en sur chauffe (25°)”. Elle nous précise que sa maison n’est pas équipée de de casquette (masque débordant). Dans notre article traitant de la canicule, nous vous rappelions l’importance de créer des zones d’ombrage ou zones fraîches sur la maison .

Dans la même lignée, d’autres occupants de la ville de Wiesbaden (Allemagne) ouvrent leurs fenêtres selon leur ressenti :

J’ouvre les fenêtres quand j’en ressens le besoin. S’il fait trop froid, je referme la fenêtre. La chaleur revient vite (en 2 minutes) même sans chauffage.

Si nous souhaitons ouvrir les fenêtres l’hiver et combien de temps, cela reste du ressort de notre propre décision. L’influence que cela a sur le concept de maison passive est négligeable. L’été, la maison passive est une maison normale, dans laquelle on ouvre les fenêtres la nuit pour assurer le rafraîchissement des pièces. La maison dans laquelle j’habite a été conçue pour consommer 13,6 kWh par mètre carré par an et elle atteint selon les analyses 12,9 kWh: avec des conditions réelles d’utilisation et sans restriction du comportement.”

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Le label "BaSE", Bâtiment sobre en énergie

Construire passif, la garantie d'un bâti de qualité.

Concevoir et construire un bâtiment passif est un objectif ambitieux. Voilà pourquoi la certification Bâtiment Passif a évolué pour inclure le label BaSE (Bâtiment Sobre en Énergie).

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Ce label a été pensé pour récompenser les efforts de toutes les équipes ayant collaboré au projet et pour saluer la performance énergétique du bâtiment certifié.
Il reprend les bases de la certification passive, mais assouplie :

  • Le besoin de chauffage doit être inférieur à 30 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an (contre 15, en Bâtiment Passif)
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 1 par heure (contre 0,6 en Bâtiment Passif)
  • Les autres critères restent identiques.

Le label "bâtiment passif premium"

La première maison passive Premium de France © Jean-Louis Bidart

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

La catégorie « Bâtiment Passif Premium» est la plus exigeante de toutes : elle récompense les bâtiments générant au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.

Le label "bâtiment passif plus"

La première maison passive Plus de France

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.