Quartier passif d’Heidelberg : 2 ans après, c’est toujours un succès

Le Passivhaus Institut a publié récemment l’instrumentation du quartier passif de Bahnstadt, dans la ville d’Heidelberg, qui a été réalisée sur un laps de deux ans. Le passif sur une grande échelle, ça passe ou ça casse ? Plus d’explications ci-dessous

L’historique du projet

La naissance du projet a eu lieu il y a 20 ans, avec la mort d’un autre. En 1997, la Deutsche Bahn (pendant allemand de la SNCF) ferme la gare et le service de fret d’Heidelberg. Deux ans plus tard, la ville évoque la zone de la gare et sa friche ferroviaire comme terrain à bâtir pour héberger 2 500 personnes. Le projet mettra longtemps à se concrétiser.

Les premiers plans paraissent en 2003, puis seront successivement redessinés au fur et à mesure que la Deutsche Bahn cèdera du terrain et des rails à la ville d’Heidelberg. En 2008, le conseil d’urbanisme et de transports de la ville d’Heidelberg adopte une motion sur la consommation énergétique, statuant que tous les bâtiments qui formeront la nouvelle aire urbaine devront être bâtis au standard passif.

La toute première caserne de pompiers passive du pays, bâtie en 2007 à côté du futur quartier de Bahnstadt, a dû fortement jouer dans l’enjeu du projet…

Le 9 mars 2009, les travaux du quartier “Bahnstadt” débutent enfin… mais les premiers rails enlevés mettent à jour des munitions datant de la 2e guerre mondiale. Pendant le chantier, 3 bombes et six tonnes de munitions seront excavées.

Tout pour le confort des résidents

Si le projet est né d’un besoin de surfaces résidentielles, il a évolué pour intégrer pleinement les infrastructures nécessaires à la vie d’un quartier. Tout commence en 2010, quand la fondation Max Jarecki, qui œuvre dans le domaine de la biotech, décide d’installer son siège et son laboratoire dans le nouveau quartier, sur 19 000 m². La même année, un magasin de bricolage ouvre sur 20 000 m².

En octobre 2012, la première crèche du territoire ouvre ses portes : elle a une capacité d’accueil de 60 enfants et sera complète dès mai 2013.
En novembre 2012, une banque s’installe dans le quartier, suivi du centre communal.
En 2013, un contrat pour un cinéma de 15 salles et de 1 800 sièges est signé. Il est actuellement en cours de finition.
En 2013, alors que l’aire urbaine compte 1 500 habitants, c’est au premier hôtel d’ouvrir ses portes, puis d’un café indépendant. La ville d’Heidelberg décide alors qu’après les élections municipales de 2014, le quartier de Bahnstadt aura droit à son propre conseil local.
2014 est une année chargée. Un centre œcuménique ouvre ses portes, et la première école primaire accueille ses élèves à la rentrée de septembre. La crèche, ouverte en 2012 et victime de sa popularité, déménage dans de nouveaux locaux où elle a désormais une capacité de 100 berceaux.
En 2015, les hangars qui accueillaient autrefois les convois de fret abritent désormais une salle de concerts et de réception. Dans le même temps, le quartier se dote d’un chenil pour chiens et chats et dès le mois de mai, un marché s’y installe tous les vendredis.
2016 est elle aussi rythmée : le quartier accueille ses premiers médecins, son premier restaurant et une troisième crèche ouvre, au vu de la forte demande.
En 2017, le premier supermarché est inauguré.

Fin 2012, les premiers plans pour un centre commercial de 14 000 m² fleurissent. Il est actuellement en cours de construction et devrait ouvrir pour 2018. Mais ce n’est pas la seule nouveauté pour l’année 2018 : une salle de sport, un centre de conférences et une nouvelle école primaire devraient sortir de terre, en plus de l’extension de la ligne de tram qui relie le périmètre de Bahnstadt à Heidelberg.

Conformément à la motion adoptée par le conseil municipal, tous ces bâtiments sont bâtis au standard passif.

Les conclusions de l’instrumentation

L’instrumentation a porté sur les logements actuellement disponibles, la phase 2 des travaux de l’éco-quartier ayant débuté en 2016. 1 400 appartements et 563 studettes étudiantes ont été passés au crible. Le constat est sans appel : l’aire urbaine consomme un tiers de l’énergie nécessaire à un quartier d’ampleur similaire, mais bâti selon les critères classiques.

L’étude a porté sur la consommation d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire ; la répartition, le stockage et les déperditions de chauffage, ainsi que d’autres points comme le chauffage des rampes d’accès aux parkings souterrains des résidences.

L’instrumentation a en outre révélé que les bâtiments construits étaient bien passifs et que chacun consommait un huitième de l’énergie nécessaire pour chauffer un bâtiment “classique”.
Les bons résultants proviennent également du fait que la ville a mis en place très tôt une politique de conseil en matière d’économies d’énergie et que les logements sont équipés d’appareils modernes, peu gourmands en électricité.

Le quartier de Bahnstadt accueille actuellement 3 500 habitants mais il est prévu qu’au terme du projet (en 2022), il atteigne les 6 000 résidents. D’ici-là, un autre point sur ses consommations sera publié.

Pour en savoir plus sur les résultats de l’instrumentation, cliquez ici.

Retrouvez les actualités et la genèse de l’éco-quartier passif de Bahnstadt ici.

 

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Le label "BaSE", Bâtiment sobre en énergie

Construire passif, la garantie d'un bâti de qualité.

Concevoir et construire un bâtiment passif est un objectif ambitieux. Voilà pourquoi la certification Bâtiment Passif a évolué pour inclure le label BaSE (Bâtiment Sobre en Énergie).

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Ce label a été pensé pour récompenser les efforts de toutes les équipes ayant collaboré au projet et pour saluer la performance énergétique du bâtiment certifié.
Il reprend les bases de la certification passive, mais assouplie :

  • Le besoin de chauffage doit être inférieur à 30 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an (contre 15, en Bâtiment Passif)
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 1 par heure (contre 0,6 en Bâtiment Passif)
  • Les autres critères restent identiques.

Le label "bâtiment passif premium"

La première maison passive Premium de France © Jean-Louis Bidart

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

La catégorie « Bâtiment Passif Premium» est la plus exigeante de toutes : elle récompense les bâtiments générant au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.

Le label "bâtiment passif plus"

La première maison passive Plus de France

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.