Fresque de la Rénovation : rencontre avec Xavier Gaucher, Président et Fondateur

Atelier inspiré et dérivé de la célèbre Fresque du Climat – on appelle cela une « Fresque Amie » –, la Fresque de la Rénovation est un outil pédagogique de vulgarisation des enjeux de la rénovation énergétique.

À l’occasion de Passibat’ 2024, le salon du bâtiment bioclimatique et de la sobriété énergétique, nous avons interrogé Xavier Gaucher, Président-Fondateur de la Fresque de la Rénovation pour en savoir plus. Entretien.

L'équipe de la Fresque de la Rénovation ©La Joie Photographe

La Maison du Passif : Pourriez-vous revenir sur les objectifs et ambitions de La Fresque de la Rénovation ?
Xavier Gaucher : La Fresque de la Rénovation est un projet porté par une association. Elle a pour objectif premier d’inspirer les porteurs de projets, de leur montrer que la rénovation énergétique n’est pas un mirage mais une réalité accessible. Ensuite, il s’agit de qualifier ces porteurs de projets. Non pas pour en faire des experts, mais pour leur donner une sorte de check list, de points de vigilance à avoir en tête lorsqu’ils rencontrent des professionnels, des entrepreneurs. Enfin, il s’agit de leur donner des pistes pour savoir vers qui se tourner…

Et pour les professionnels ?
Pour les professionnels, La Fresque de la Rénovation est un outil permettant de justifier leur savoir-faire, leur mode de fonctionnement et leurs préconisations. L’idée est de démontrer que leur démarche fait consensus, qu’elle est validée par tous les acteurs référents du secteur.
Qu’il s’agisse des particuliers ou des professionnels, notre but est d’embarquer un maximum de gens.

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« La Fresque de la Rénovation a pour objectif premier d’inspirer les porteurs de projets, de leur montrer que la rénovation énergétique n’est pas un mirage mais une réalité accessible. »

Comment se déroule un atelier de La Fresque de la Rénovation ?
Les ateliers se déroulent en physique ou en distanciel, avec un animateur ou une animatrice, par équipe de 4 à 8 personnes. Concrètement, l’atelier repose sur un jeu de 48 cartes réparties en 7 lots. Les 6 lots de base expliquent les enjeux, étapes et bénéfices de la rénovation énergétique. Ils sont complétés par une 7e lot spécifique grâce auquel l’on vient mettre en perspectives ce que l’on a appris par rapport à une typologie de bâtiment ou à une typologie de public précise. La première typologie que l’on a faite est celle de la copropriété, mais nous sommes en train d’élaborer d’autres lots : pour le tertiaire, pour les agents immobiliers…

Et en termes de durée ?
Un atelier dure 2 heures pour les 6 premiers lots, 2h30 avec le 7e lot, auxquelles s’ajoutent souvent 30 minutes de discussion autour de projets spécifiques. C’est important, car la Fresque est basée sur la communication, le lien social…

Comment participer à l’un de ces ateliers ?
Il existe plusieurs modalités. Nous proposons des sessions en présentiel et distanciel auxquelles les particuliers peuvent s’inscrire sur notre site internet. Pour les professionnels, nous proposons des ateliers dédiés à leur organisation. En outre, n’importe qui peut devenir animateur : il suffit de participer à un atelier puis de suivre une formation à l’animation pour être en mesure d’animer une fresque dans sa copro ou dans son lotissement. Dans ce cas, il n’y a même pas de licence d’utilisation du jeu. Le droit de licence ne s’applique que si une personne souhaite animer une fresque dans le cadre de son activité professionnelle. Le but étant que 80% des ateliers soient gratuits, les 20% payants restant étant facturés au prix juste pour faire vivre l’association et développer l’outil.

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« J’aime à reprendre ce slogan : "dis-moi et j’oublierai, montre-moi et je me souviendrai, implique-moi et je comprendrai". C’est là-dessus que repose le principe de la Fresque. »

La Fresque emprunte la forme d’un jeu de cartes. Qu’apporte ce format ?
J’aime à reprendre ce slogan : « dis-moi et j’oublierai, montre-moi et je me souviendrai, implique-moi et je comprendrai ». C’est là-dessus que repose le principe de la Fresque. D’ailleurs, ce qui est intéressant à mon sens, c’est que les ateliers sont animés non par un présentateur, mais par un animateur qui ne parle que 20% du temps. Le reste, c’est de l’échange entre les participants. C’est pour créer cette dynamique qu’un minimum de 4 joueurs est requis pendant les ateliers.

La Fresque de la Rénovation met sensiblement l’accent sur la rénovation passive et le label EnerPHit. Comment avez-vous découvert le standard passif ?
Après avoir développé et dirigé une entreprise qui proposait un système de réservations d’hôtels sur internet pendant 15 ans, j’ai eu l’opportunité de partir. J’avais besoin de trouver un projet qui ait davantage de sens et je commençais à être de plus en plus touché par les problématiques écologiques et environnementales. C’est à cette époque que j’ai découvert le standard passif, je ne sais plus par quel hasard. Étant donné qu’à l’origine, ma formation c’est la thermique, j’ai décidé de suivre la formation CEPH de La Maison du Passif [à l’époque La Maison Passive, ndlr] en 2014. J’y ai pris un plaisir fabuleux. C’est là que j’ai compris ce qu’était la performance énergétique du bâtiment. En parallèle, ma famille et moi-même avions prévu de partir nous installer aux États-Unis. Rapidement, je me suis dit que je construirai la première maison passive de Los Angeles – il n’y en n’avait pas à ce moment-là.

Ce projet a-t-il abouti ?
Effectivement : on a fait la première maison passive à Los Angeles – qui est en fait une rénovation. Je me suis occupé de toute la partie consulting, j’ai fait tout le suivi de chantier, une partie des travaux… La maison s’appelle Perlita Passive House. En parallèle, je me suis impliqué là-bas dans la promotion du standard passif : j’étais co-Président, avec Bronwyn Barry, de Passive House California.

« En 2014, j’ai décidé de suivre la formation CEPH de La Maison du Passif. J’y ai pris un plaisir fabuleux. »

C’est à ce moment qu’a germé l’idée de la Fresque de la Rénovation ?
Non, c’est arrivé plus tard, après notre retour en France. Un peu avant la crise du Covid, j’ai découvert la Fresque du Climat. J’ai trouvé la méthode pédagogique super intéressante. Quand j’ai appris qu’il existait des Fresques Amies, j’ai contacté Cédric Ringenbach, le fondateur de la Fresque du Climat, pour savoir s’il existait une version sur la rénovation énergétique. Ce sujet est crucial à mes yeux, étant donné que 80% des bâtiments de 2050 sont déjà existants et que la plupart d’entre eux sont des passoires thermiques ! Cédric m’a alors dit qu’une Fresque de la Construction était en déploiement. Il m’a mis en contact avec Guillaume Menet, l’un de ses auteurs. J’ai participé à des tests et beaucoup apprécié leur travail. Mais la Fresque de la Construction était à mes yeux un projet plus orienté BtoB ; pour moi, le but du jeu était de faire bouger les lignes de manière plus globale…

Et ensuite ?
Après cela, j’ai intégré un programme qui s’appelle la Copro des Possibles. Leur équipe recherchait des coachs pour intervenir en copropriétés afin de sensibiliser et mobiliser des copropriétaires sur les gros travaux et principalement sur la rénovation énergétique, avec un atelier basé sur un jeu de plateau. Lors des derniers ateliers, j’ai rencontré des gens pour qui le sujet était vraiment crucial, des gens qui n’étaient pas là pour jouer, mais pour trouver de vraies solutions face à la crise énergétique. C’est à ce moment que j’ai compris qu’il fallait vraiment que je me remette au travail pour créer la Fresque de la Rénovation… J’ai donc repris ma copie et mon fichier avec les différentes étapes d’une rénovation énergétique en utilisant les principes du passif : isolation maximum continue, élimination des ponts thermiques, étanchéité à l’air performante, fenêtres très performantes et ombragées depuis l’extérieur, ventilation continue… Tous ces points que l’on retrouve aujourd’hui dans la Fresque de la Rénovation. J’ai découpé mes premières cartes, collaboré avec plusieurs institutions et territoires jusqu’à ce que le jeu tienne la route, avec un premier lancement à Passibat’ en 2023. Aujourd’hui, nous en sommes à plus de 1 200 personnes “fresquées” et une cinquantaine d’animateurs formés…

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Le label "BaSE", Bâtiment sobre en énergie

Construire passif, la garantie d'un bâti de qualité.

Concevoir et construire un bâtiment passif est un objectif ambitieux. Voilà pourquoi la certification Bâtiment Passif a évolué pour inclure le label BaSE (Bâtiment Sobre en Énergie).

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Ce label a été pensé pour récompenser les efforts de toutes les équipes ayant collaboré au projet et pour saluer la performance énergétique du bâtiment certifié.
Il reprend les bases de la certification passive, mais assouplie :

  • Le besoin de chauffage doit être inférieur à 30 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an (contre 15, en Bâtiment Passif)
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 1 par heure (contre 0,6 en Bâtiment Passif)
  • Les autres critères restent identiques.

Le label "bâtiment passif premium"

La première maison passive Premium de France © Jean-Louis Bidart

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

La catégorie « Bâtiment Passif Premium» est la plus exigeante de toutes : elle récompense les bâtiments générant au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.

Le label "bâtiment passif plus"

La première maison passive Plus de France

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.