Passive et biosourcée : dans le Morbihan, Archiblock livre une maison alignée avec son contexte

Matériaux biosourcés, haute performance énergétique et principe de réalité : dans le Morbihan, Lylia Gherbi et Maxime Louessard de l’agence Archiblock livrent une maison passive et biosourcée, née d’arbitrages éclairés. Visite guidée d’un projet qui prend soin de son environnement, de ses habitants et même des voisins !

Matériaux biosourcés, haute performance énergétique et principes de réalité : dans le Morbihan, Lylia Gherbi et Maxime Louessard de l’agence Archiblock livrent une maison passive en bois, née d’arbitrages éclairés. Visite guidée d’un projet qui prend soin de son environnement, de ses habitants et même des voisins !

© Cyrille Pawloski

Tout projet de maison, en fin de compte, est une affaire d’alignement. Alignement avec son projet, ses désirs, ses envies, son cahier des charges. Alignement avec ses valeurs, ses convictions. Alignement avec son budget aussi. Alignement enfin, avec la course du soleil ou… avec ses voisins.

Construite en 2023 dans le Morbihan par l’agence d’architecture bretonne Archiblock en collaboration avec le bureau d’études Hinoki, cette maison passive en ossature et charpente bois n’échappe pas à la règle. Tout commence quelques années auparavant, lorsqu’une famille de cinq acquiert une parcelle d’un peu plus de 600 mètres carrés à quelques encablures de Vannes pour y construire sa résidence principale. Au fait des enjeux environnementaux, ils souhaitent privilégier des matériaux biosourcés, comme la paille. Monsieur étant par ailleurs ingénieur dans un bureau de contrôle et donc sensibilisé à la thermique du bâtiment, il leur semblait naturel de se tourner vers un ou une architecte détenteur du titre de Concepteur Européen Bâtiment Passif (CEPH). 

« Les maîtres d’ouvrage souhaitaient privilégier des matériaux biosourcés, comme la paille. »

© Cyrille Pawloski

« À l’origine, ils avaient choisi de travailler avec un autre concepteur qui venait de suivre la formation pour apprendre à concevoir des bâtiments passifs, particulièrement spécialisé dans la construction paille. Au bout de 2 ans, arrivés à l’appel d’offres, ils ont finalement décidé d’arrêter la collaboration. Il y avait différents sujets, notamment le budget qui n’était pas cohérent avec l’appel d’offres, mais aussi une question de voisinage », contextualise Lylia Gherbi, architecte co-gérante, avec Maxime Louessard, de l’agence Archiblock. Et pour cause : au nord, la voisine habite dans une toute petite maison que l’on pourrait presque qualifier de tiny house. Or, avec son faîtage aligné sur l’axe est/ouest pour maximiser les apports solaires, le projet initial aurait presque intégralement privé la maisonnette de soleil, ce qui n’était évidemment pas du goût de la voisine…

passive et biosourcée
© Cyrille Pawloski

« Comme on densifie, le sujet de la perte d’ensoleillement devient récurrent pour le voisinage. »

« Certes, une maison passive a besoin de soleil. Mais comme on construit de plus en plus souvent dans des dents creuses, des arrières de jardins, bref, comme on densifie, le sujet de la perte d’ensoleillement devient récurrent pour le voisinage. Quand ce projet nous a finalement été confié, nous avons réétudié l’implantation de la maison et le sens du faîtage grâce à nos outils 3D et simulations de la course du soleil selon les saisons », détaillent les concepteurs. Résultat : en pivotant le sens du faîtage selon un axe nord/sud, ils développent une stratégie de triple orientation qui leur permet aussi de préserver les apports solaires de l’habitation voisine.

« Nous travaillons un peu comme un médecin de campagne ou un chef cuisinier qui recourt à des produits locaux et de saison ». »

© Cyrille Pawloski

Raisonnée et biosourcée
À l’agence, Lylia et Maxime revendiquent une pratique locale et raisonnée de leur profession, « un peu comme un médecin de campagne ou un chef cuisinier qui recourt à des produits locaux et de saison ». Aussi ont-ils soin de faire résonner leurs projets avec leur contexte tout en mobilisant des savoir-faire et des matériaux locaux quand le principe de réalité le permet. Sur cette maison, ils abandonnent cependant la piste de la paille au profit de murs en ossature bois intégrant l’isolation en ouate de cellulose (220 mm), complétée à l’extérieur par 35 mm de fibre de bois. « Ce n’est pas le premier projet sur lequel nous avons fait chiffrer de la paille. Malheureusement, cela ne passe en fin de compte jamais dans nos budgets », regrette le duo au demeurant très engagé dans plusieurs mouvements et organisations impliqués dans la construction durable.

© Cyrille Pawloski

« Notre travail, c’est aussi de faire des arbitrages… »

La toiture suit la même logique : charpente en caisson avec poutre en I renfermant 300 mm de ouate de cellulose, complétée elle aussi par 35 mm de fibre de bois. Protégée par 160 mm de mousse rigide de polyuréthane sous chape de 60 mm, seule la dalle déroge à la règle. « Bien entendu, on aimerait pouvoir utiliser d’autres matériaux. Cependant, pour isoler la dalle, on a besoin d’une solution à la fois assurable et incompressible, qui supporte la charge au sol. Alors oui, on pourrait utiliser du liège, mais outre le fait qu’on aurait une épaisseur de 400 ou 500 mm pour les mêmes performances, le coût ne serait pas le même non plus. Notre travail, c’est aussi de faire des arbitrages… » argumentent Lylia et Maxime.

« C’est précisément ce que nous recherchions quand nous nous sommes tournés vers le Passif : un outil fidèle à la réalité. »

© Cyrille Pawloski

Des performances tangibles
Malgré quelques difficultés techniques sur chantier, notamment pour ce qui concerne l’étanchéité à l’air à cause d’un ruban adhésif de mauvaise qualité, confort et performance thermique sont in fine bel et bien au rendez-vous : « Je suis retournée voir la maison l’année dernière, soit deux ans après le chantier, en pleine semaine de canicule, raconte Lylia. J’y ai retrouvé une cliente souriante et radieuse. En entrant à l’intérieur, où il faisait 24°C alors que de mémoire il faisait plus de 30°C dehors, j’ai eu le sentiment de pénétrer dans une vieille longère restée fraîche en plein été. » Et d’ajouter : « c’est intéressant pour nous de constater que ça marche, parce que c’est précisément ce que nous recherchions quand nous nous sommes tournés vers le Passif : un outil fidèle à la réalité. »

FICHE TECHNIQUE
Livraison 2023 – localisation Morbihan – label Bâtiment Passif Classique – surface de référence énergétique 161 m² – besoins de chauffage 10 kWh/(m²a) – puissance de chauffe 11 W/m² – fréquence de surchauffe 2% – test d’infiltrométrie n50 = 0,46/h – consommation d’énergie primaire 86 kWh/(m²a) – consommation d’énergie primaire renouvelable 42 kWh/(m²a) – production d’énergie renouvelable 0 kWh/(m²a) – rendement VMC double-flux 91% – châssis triple vitrage Uw = 0,92 W/(m²K) – murs extérieurs plaque de plâtre (13 mm), lame d’air (48 mm), Pavaplan 3F (8 mm), ouate de cellulose (220 mm), fibre de bois (35 mm). U = 0,169W/(m².K). – dalle revêtement sol (20 mm), chape (60 mm), mousse rigide de polyuréthane (160 mm), dalle (200 mm) – toiture plaque de plâtre (13 mm), lame d’air (47 mm), Pavaplan 3F (8 mm), ouate de cellulose (30 0 mm), fibre de bois (35 mm). U = 0,144W/(m².K).

passive et biosourcée

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Le label "BaSE", Bâtiment sobre en énergie

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Concevoir et construire un bâtiment passif est un objectif ambitieux. Voilà pourquoi la certification Bâtiment Passif a évolué pour inclure le label BaSE (Bâtiment Sobre en Énergie).

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Ce label a été pensé pour récompenser les efforts de toutes les équipes ayant collaboré au projet et pour saluer la performance énergétique du bâtiment certifié.
Il reprend les bases de la certification passive, mais assouplie :

  • Le besoin de chauffage doit être inférieur à 30 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an (contre 15, en Bâtiment Passif)
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 1 par heure (contre 0,6 en Bâtiment Passif)
  • Les autres critères restent identiques.

Le label "bâtiment passif premium"

La première maison passive Premium de France © Jean-Louis Bidart

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

La catégorie « Bâtiment Passif Premium» est la plus exigeante de toutes : elle récompense les bâtiments générant au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.

Le label "bâtiment passif plus"

La première maison passive Plus de France

À l’aube de la transition énergétique, la certification Bâtiment Passif a évolué pour accueillir deux nouvelles catégories, Plus et Premium, axées sur l’utilisation des énergies renouvelables. Elles valorisent les constructions ayant fait le choix d’être productrices d’énergie.

Valoriser l'utilisation des énergies renouvelables

Dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Il devra également justifier du respect des 4 critères de base du passif :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh d’énergie utile par m² de surface de référence énergétique et par an
  • Une consommation totale en énergie primaire (tous usages, électroménager inclus) inférieure à 120 kWh par m² de surface de référence énergétique par an
  • Une perméabilité à l’air de l’enveloppe mesurée sous 50 Pascals de différence de pression inférieure ou égale à 0,6 par heure
  • Une fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année.